The song remains the same

Plus rien n’a de sens, à part les cigarettes que je fume.

Je n’ai pas réussi à aller marcher ce matin. Même me verser un bol de céréales était pénible; ni café, ni douche, j’ai au plus vite regagné mon lit, les stores des fenêtres toujours baissés, le cerveau comme une enclume, rêvant sans espoir de me rendormir, baignant dans la sueur du chagrin et de l’angoisse — rien qu’une matinée de plus à l’image des mois de dépression que je traîne derrière mois; la zone de mort, encore et toujours.

Il y a trois jours, je me suis lancé dans un brouillon fleuve qui allait m’occuper une après-midi entière; je me sentais presque grisé. À la relecture, le soir-même mais encore plus le lendemain, j’ai pris une douche froide d’un sang noir de déception et ai tout jeté à la poubelle. Je ne m’en suis pas encore remis. Depuis, mes mots se meurent ou s’écroulent entre eux tels des dominos; les pages se remplissent maigrement pour se vider l’instant d’après. Mon présent est tellement inexistant que je n’ai d’autre choix que faire face au passé. Comment pourrait-il en être de toute façon autrement si je veux pleinement comprendre ou donner à comprendre mon trouble bipolaire? Mais y suis-je prêt, psychologiquement, intellectuellement?

Il paraîtrait que je suis bipolaire depuis toujours, depuis bien avant ma première dépression. J’y ai déjà cru, pas cru; je doute toujours et ai davantage le sentiment que mon trouble bipolaire était une bombe à retardement. Vaut-il mieux être diagnostiqué bipolaire à quarante ans qu’à vingt? J’ai cru un jour entendre qu’un diagnostic tardif exposait à davantage de complications. Je ne sais pas. Je sais juste que, si raisonnablement et fondamentalement je hais ma maladie, je me suis plus d’une fois retrouvé dans des phases d’altitude, d’euphorie, d’inspiration et de boulimie pour la vie telles que je ne voulais surtout pas en redescendre. J’ai un jour écrit dans un carnet: « j’ai déjà été plus heureux, mais je n’ai jamais été aussi haut » — prisonnier de la manie comme d’une drogue. N’est-ce pas Kanye West qui a écrit: « je déteste être bipolaire mais ça déchire grave »?

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