Et maintenant?

Le temps file dans son implacable et désolante monotonie. C’est un âpre combat mais je dois me forcer à sortir marcher tous les jours — même si la vie n’en gagne que peu de saveur, la suite des heures me semble ensuite moins pénible. Physiquement, je peux randonner deux, trois heures, même sur des sentiers légèrement escarpés; mais les litanies de mon dolent cerveau ne s’interrompent pas pour autant et me ralentissent implacablement. Je rêve parfois de me lever le matin avec de l’énergie et de l’inspiration pour lire et écrire: mais c’est toujours le même réveil dans une pluie de consternation et d’impotence.

Et maintenant? Et après? À quoi bon? Je ne vais quand même pas poursuivre ce journal dans les gémissements et les doléances — sempiternellement les mêmes — en ne jouant que sur la variation des noms et épithètes. Je l’ai dit et détaillé précédemment: la dépression c’est ne pas arriver à vivre. Quelques mots sur ces pages, est-ce revivre, est-ce donner du sens à une existence déliquescente? C’est sans doute au moins une amorce de refus de mourir.  

Mais quelle vanité, quelle désillusion d’écrire suspendu au-dessus des abysses.

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