(…)

J’ai tellement peu à dire. Mes deux derniers articles (« L’angoisse avec un grand A »; « L’équation de l’amour dans la zone de mort ») relèvent pratiquement du délire — le délire d’un homme au fond du trou cherchant à porter et hurler quelque part les amours qu’il tient encore au fond de lui. J’ai choisi, à travers Christina, un amour réel, et Fishbach, un amour artistique et imaginaire, de m’attaquer à deux temps, deux pivots, deux victimes de mon trouble bipolaire. Mais ce ne sont que des souvenirs, tout autant merveilleux que parfois effrayants: des sceaux indélébiles dans mon cœur sombre vers lesquels ma dépression me ramène dans son cortège morbide. J’en ai parlé avec les mots que j’ai pus, pas forcément ceux que j’eusse espérés. Y reviendrai-je? Écrire sur ces sirènes fantômes ne les a fait que puissamment et insidieusement revenir sourdir en toi; dans ma nuit perpétuelle, leurs écailles brillantes telles des étoiles dans le long couloir mouvant de l’avant me brûlent douloureusement et me renvoient à un vide abyssal. Ai-je déjà, dans un article plus ou moins lointain, formulé cette idée? Sans doute. Je me répète. Quoi d’autre? J’ai réussi à sortir quelques fois courir ces derniers jours: sur le moment cela me convient car je ne pense pratiquement à rien — mais cela me plonge à chaque fois dans une fatigue désespérante. Mes journées? Le lit, toujours le lit; le néant; l’incapacité à me concentrer, à lire, à écrire, à sentir de l’intérêt pour quoi que ce soit. Je me sens cramé; je suis parti beaucoup trop loin, beaucoup trop longtemps lors de ma dernière phase maniaque. Combien de temps encore à payer les pots cassés biologiquement et psychologiquement? Je ne veux pas y penser; j’ai trop peur.

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