The End

Les jours passent, dans leur vide, dans leur indifférence ou dans la différence que je me risque à leur donner: les jours d’antipsychotique (Abilify), je suis une épave et il m’arrive souvent, au cours de la journée, de prendre un Valium et un demi-somnifère histoire de me perdre dans le sommeil; les jours où je me prive d’antipsychotique, l’énergie revient. Je me suis finalement acheté une beau rameur d’appartement. Je retourne courir, du coup. J’ai tenu quatre jours avec un seul paquet de cigarettes. Je ne peux guère me permettre d’en racheter tellement mon découvert bancaire est devenu conséquent. J’ai du mal à me concentrer, ne serai-ce que pour lire ou pour écrire. Je ne sais pas trop ce que je veux. Ah! Si, j’aimerais bien au moins pouvoir me branler normalement. Mais ça, comme beaucoup de choses, ce n’est pas pour tout de suite.

J’ai décidé de mettre un terme à mes efforts ridicules et vains de réintégration sociale via internet. Combien de mains dois-je utiliser pour compter des doigts les amis qu’il me reste? Une? Deux? Cinq ans de maladie psychique m’ont ravagé socialement. Au-delà du groupuscule des indéfectibles, il y a les deuxième, troisième, quatrième (…) cercles de ceux qui sont devenus des « connaissances » et dont l’apanage est l’ignorance: l’ignorance — et son corollaire la peur — d’une maladie complexe; ou, bien pire, l’ignorance de ma simple personne. Dans le premier cas, mieux vaut faire le mort: toute parole, tout écrit, que dire de tout cri sont immédiatement interprétés comme la manifestation d’un retour de manie. Dans le second cas, que dire? Tomber dans le déni chez des personnes pour lesquelles on a « toujours » (Avant, encore une fois) été là, dans leurs pires moments de névrose ou de désespoir, dans leur plus grands moments d’égotisme — pour lesquels on peut avoir littéralement traversé des océans —, ou tout simplement parce qu’on était la bonne poire qui au bon moment était prête à allonger le biffeton qui allait permettre d’acheter un gramme de coke supplémentaire… C’est comme ça. Sans doute dois-je me dire que je l’ai cherché. Ou comme me l’a dit ma psychiatre qu’il y a une dimension de condamné social à laquelle on n’échappe pas dans la maladie, notamment dans la maladie mentale. Mais bon, au fond, malgré tout, aux amnésiques, repliés égocentriques de nature ou par le temps, fake friends toxicomanes, éventuellement tout ça à la fois, je n’ai qu’une chose à dire: allez vous faire enculer.

Stan et Capucine n’ont évidemment jamais existé mais ils m’ont bien aidé pour certains aveux qu’il m’eût couté de faire dans la solitude. Curieusement, cependant, j’ai gardé des innombrables liens surgis au cours de ma précédente phase maniaque deux contacts, deux potes, deux personnes qui se préoccupent de moi, mais aux antipodes l’un de l’autre: si l’un pourrait être considéré comme un yuppie, l’autre pourrait être considéré comme un gangster. À part ça, j’ai des gens, parfois des scammers, parfois des vrais, qui semblent de part en part s’intéresser à moi sur internet. Ma meilleure copine s’appelle Fishbach, je ne sais pas si vous la connaissez. And Jessica, my dear old friend, you were so right… (cf. le premier post de ce blog).

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